Com tu dis


Retour de congés. Cet après-midi, l’un de mes directeurs – nous avons droit à une direction bicéphale qui ne sait plus où donner de la tête – est passé à l’agence. Il était guilleret, une fois n’est pas coutume. Quant à moi, j’ai dû lui réserver une tête d’enterrement, celle de la fille que l’on a invitée en début d’été à faire carrière ailleurs.

Pourquoi pas ? Je n’y avais même pas songé ! A quarante ans passé et en pleine crise, j’ai toutes mes chances. Je y vais réfléchir.

Je pensais donc, qu’il allait rapidement s’assombrir et entrer droit dans les yeux au coeur du sujet. Même pas. Nous avons échangé comme si de rien n’était sur la communication de l’entreprise, notre magnifique et nouveau site web, son optimisation, nos mailings à venir. Je me suis recomposée illico presto une façade d’employée modèle très soucieuse de la notoriété de notre entreprise. Pleine de zèle artificiel, je lui ai montré mes travaux en cours, en matière d’e-mailing ; le bricolage savant auquel je me livre, bourré de codes et tableaux html nécessaires à la pollution de quantité de boîtes mails innocentes.

Je lui ai parlé de blogs intra entreprise, de communiqués de presse, de rédaction de contenus, de mots-clefs, d’annuaires web, de PageRank, de réseaux sociaux. Tout ceci avec un air très inspiré et convaincu. Je n’ai pas l’impression qu’il ait percuté ma prose. Mon boss fait parti de ces employeurs assez réfractaires en matière d’outils de communication insérant les TIC. J’imagine que dans sa tête de quadragénaire ringard, le blog, c’est la chienlit. Le meilleurs moyen pour que toute la boîte se soulève après s’être montée la tête.

Bon, passons. Donc, notre site web créé par une agence de Com et non par le bidouilleur de l’entreprise, c’est déjà la lune pour eux ! Une danseuse chère à l’entretien selon la compta et dont le retour sur investissement n’est guère manifeste.

Dire que j’ai passé un an en formation – certes il s’agissait d’un projet strictement personnel - à potasser tous ces nouveaux moyens de communications et d’ouverture au monde et que je me retrouve devant un type pas convaincu pour deux sous.

Si ce n’est par l’idée de me lourder moi et mes TIC mal placés.