No théâtre


Fresque historique au parc Jourdan. J’imaginais, en y assistant, combler mes lacunes abyssales sur Aqua Sextiae. Mauvaise intuition.

Démarrage pseudo High Tech par le visionnage en boucle d’un diaporama sonore avec force cigales, tambourins et fifrelins. Durée, trois quarts d’heure. Le temps que tout le monde s’installe gentiment, inconscient de ce qui allait se passer par la suite.

Puis, arrivée d’une dame costumée médiévalo-hystérique qui nous présente le spectacle, ses tenants et aboutissants et nous invite – parce que c’est la crise – à nous comporter en mécènes afin d’assurer la survie de l’association.

Après cette mise en train financière sur fond de dépression économique, le spectacle commence. Le montage est simple. Dans un coin de scène, une femme bienveillante, genre fée du logis, entourée d’une sylphide et d’un Peter Pan vert chaussé troubadour nous parle en playback d’Aix et de ses turpitudes. A chaque tableau, le Peter Pan ouvre la porte d’une grande boîte dans laquelle apparaissent dans des postures figées deux ou trois éléments de la troupe. Le but est de nous faire comprendre par une mise en scène symboliste l’importance extrême de ce qui va être miné-joué après coup par les acteurs amateurs.

Voyons : un type en costume d’époque indéfinissable est couché, avec sur le ventre un énorme blason recouvert d’un tissu. A ses côtés, un autre type aussi peu cernable semble lui dit des trucs super profonds tout en retirant le voile. Et là, à la vue du blason rayé jaune et rouge, j’ai cru comprendre que nous étions censés ressentir des choses puissantes et qu’il s’agissait d’être en symbiose avec les acteurs.


Sauf que voilà, mes compères et moi, on était déjà entré dans une phase de fou rire convulsif qui m’a fait que s’intensifier tout au long des scènes. Fou rire alimenté par la longue litanie de la voix off, le texte en total décalage avec le jeu des acteurs, l’enchaînement chaotique des scènes, l’arrivée de Ben Hur sur son char sponsorisé « Calissons d’Aix », l’apparition d’un costumé romain en plein épisode Roi René, les chorégraphies désordonnées, les danseurs à contretemps.

Voilà, je ne connais toujours pas l’histoire d’Aix. Mais peut importe, tout ce que je veux c’est du spectacle ringard, fou-rire à la clef.