Résistance au changement



Mon autre moitié de directeur est passée ce matin. L’enfer se précise. Costard Smalto, sourire en coin, voix douce. Tout ce qu’il faut pour annoncer sans l’annoncer un licenciement à une quadragénaire spécialisée dans le tout et le n’importe quoi : graphisme, web, rédaction, prospection, gestion de bases de données etc, etc. Quelques années encore et on me verrait monter des antennes casque sur la tête et chaussures de sécurité aux pieds.

Le pire dans tout cela est que je n’ai même pas envie de le baffer ce triste sire acheteur patenté de boîtes en déconfiture. Je me demande si je vais entrer en résistance type, arrivée du matin à 10 heures, lenteur extrême dans l’exécution, boulot mal fait mais pas trop, comportement ironique à souhait, détachement de façade ; ou bien à un niveau supérieur, visite chez les syndicalistes, à l’inspection du travail, chez l’avocate et au final Prud’hommes.

Vais-je me la jouer discrimination dans le travail ou bien acceptation de prime de licenciement misérable ?

Ce soir, chez moi, quand je vais me regarder dans la glace, je vais voir une gueule de pré licenciée. Et demain, au bureau je vais déambuler avec mon air de future Assedic devant mes collègues qui seront déjà tous au courant et me regarderont mi-effrayés mi-condescendants.


On a beau dire, le licenciement, ça fait mauvais genre.

1 commentaire:

  1. Salut fric frac, j'aime bien le côté élégant et dépouillé de ton blog, très classieux, et travaillé.
    Je m'inquiète et frémis devant les annonces que tu fais de ton futur licenciement et de la sale ambiance à ton boulot. Galère ... A plus,

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