Heure blues



Samedi pluvieux. Mon mobile entonne une toccata de Bach agaçante. Penser à changer ce truc.

"Allo, c'est Miss Pagerank. Tu fais quoi ce soir ?
Heu !
Y a un concert de jazz à la salle Machin. Tu viens ?
Heu, oui !"

20 heures. Salle Machin pleine à craquer de bobos. On ne peut y échapper à Aix. C'est la poisse. De l'Education Nationale, de l'associatif en vois-tu en voilà. Tu prends les mêmes et tu les mets dans un congrès PS, à une manif de printemps, à un débat ATTAC, à une rétrospective Pasolini à la Méjanes, c'est pareil.

En attendant l'arrivée de la chanteuse et que Miss Pagerank veuille bien m'adresser la parole, je zone devant un buffet vide. Deux petites bonnes femmes sympas me branchent. On blague, elles me tapotent les bras amicalement. Leur style pétasse-intello-chic détonne un peu dans le lot. J'aime.

Miss Pagerank : "tu les connais ?
Heu, non.
Ah toi, alors !"

Alors quoi ? Miss Pagerank découvre mes aptitudes en matière de Public Relation. Jalousie.
La chanteuse arrive. On s'est s'installées en rang d'oignon. Je suis reléguée au coin. On attend encore. La chanteuse se chauffe la voix, les musiciens refont la balance, des lampes ont fondu. C'est la dèche. J'en profite pour observer Miss Pagerank. Ce soir, elle est un petit peu mieux que d'habitude. Elle a foncé sa couleur, mit une veste en cuir noir, un chemisier Seventies. Seules les chaussures font encore assez "Dame". Il faudra que je lui dise.

Ce soir là, j'ai écouté du jazz sans vraiment l'entendre. J'ai parlé sans vraiment échanger. J'ai été accompagnée sans l'être vraiment. J'ai été décorative pleinement.

Enfin, je deviens mondaine.

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