Mieux qu'une psychothérapie : Mini Cooper



Tel est le slogan imaginé par l'agence de com de la célèbre voiture et que l'on peut apercevoir dans les rues marseillaises et ailleurs, en ce moment. Aurait-on pu penser trois secondes qu'une telle comparaison puisse être faite ? Non ! Sauf qu'une agence de publicité est payée pour tout imaginer jusqu'au pire. Là, on est pas vraiment dans le pire, on est juste dans le réalisme pragmatique cynique. Les publicitaires nous connaissent bien, nous et nos faiblesses consommatrices. Ils savent que dans nos moments d'errances grises nous sommes tentés de nous réconforter rapidement, sans faire d'effort, sans trop réfléchir. Que nous sommes des déprimés en puissance qui ne demandent qu'à exploiter le potentiel de leurs angoisses. Vite vite sans chercher trop loin.

Il est donc clair que l'agence partant de ce présupposé basique a fait le calcul suivant, celui du prix de revient d'une psychothérapie moyenne et qu'elle l'a comparée au prix de la Mini-m'as-tu-vu. Elle s'est imaginée un individu bien installé dans la dépression possédant un certain pouvoir d'achat (ce qu'il faut pour pouvoir assumer un certain type dépense sur plusieurs années et un projet assez hasardeux sur le plan du résultat) et qui décide enfin d'aller consulter avant qu'il ne soit trop tard.

Soit pour une heure d'épanchements chez un psy ordinaire (pas un psychiatre, celui qui nous bourre d'anti dépresseurs et nous rend au final junkie) compter 50 euros à raison d'une fois par semaine sur 5 ans. On retire le mois de vacances du psy, cela fait donc : 11 mois multipliés par 4 semaines sur 5 ans = 220 X 50 euros = 11 000 euros.

Et là ça cloche. Soit l'agence s'est plantée dans ses calculs, soit elle a échangé les dossiers d'annonceurs et de voitures, la pub étant destinée aux acheteurs potentiels de Twingo à 10 000 euros moins la prime à la case = 9 000 euros.

Car ici la promesse est mensongère. La Mini est bien plus chère qu'une psychothérapie.

Nous pourrons donc conclure par l’affirmation suivante : Mieux qu’une Mini Cooper, une bonne thérapie !

Et au moins dans une thérapie, on peut pleurer tant qu'on veut on ne risque pas de tâcher les sièges en cuir, on ne risque pas d'aller dans le décor pour cause de vision troublée par des torrents de larmes, on ne risque pas l’usure à parler, détailler, reformuler, reprendre, se contredire et renchérir, on ne risque pas de passer pour un précieux qui fait la tête sans raison valable au volant d'une voiture glamour.

On risque juste de perdre son temps face à un professionnel lassé de toujours entendre les mêmes jérémiades depuis des lustres.

4 commentaires:

  1. personnellement, c'est plutôt la décapote qui me ferait craquer (ah ! à l'air libre sans capote ! avant le sida quoi !)

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  2. ....mon psy m'a interdit de sortir en décapotable.

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  3. Ouais mais la cooper tu peux la ramener à la maison. Le psy c'est plus compliqué et certainement fortement déconseillé.

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  4. Hé bien, mon Psy il m'a souvent ramenée chez moi dans sa Mini !

    Si si.

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