Bô mecs

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Ce soir, j'ai envie, moi aussi, de jouer les commentatrices de l'actualité. J'ai envie de parler de deux gars qui ornent le fronton de Google. Deux beaux mecs qui m'ont replongée vingt ans, que dis-je ? Trente ans en arrière. A l'époque, 1978, je les regardais du coin de l'oeil sur la télé familiale, en couleur depuis peu (parce que c'était cher, la couleur), que je les regardais, donc, contrainte et forcée parce que mon jeune frère les visionnait en rituel à une heure autorisée pour les petits, 18 heures, juste avant la soupe vermicelle (ce qui équivaudrait à une heure du matin pour les morveux actuels).

Le petit rondouillard semblant plus jeune et le grand maigre à la touffe explosée paraissant un brin lunaire.

Ces deux mecs à la mine sympatoche façon Muppets ne m'évoquent par contre, aucun scénario particulier. Que faisaient-ils donc tous les deux ? Etaient-ils deux collègues de boulot s'engueulant à tire-larigot, deux potes de Fac s'interrogeant sur leur avenir, deux sportifs dans les vestiaires papotant pendant des heures en se rhabillant (où sont passées les séquences sous la douche ?), deux copains de chambrée quand le service militaire était encore là pour former (ou déformer) des hommes, des vrais ou bien encore deux gays en train de se quereller pour des questions de logistique ménagère.

C'est ça, je crois que ces deux mecs étaient gays. C'est sûr, voyons, puisqu'ils portaient le même tricot sexy à fines rayures, avaient la même coiffure sculptée par un gel fixation intense, les mêmes conversations de mecs et étaient tout le temps fourrés ensembles. Bart et Ernest étaient les ancêtres au masculin de The L World. Ils devisaient sur les lieux de drague, les pratiques sexuelles en vogue, les backrooms, les accessoires SM, le coming out de untel ou unetelle, les tendances vestimentaires, les bonnes adresses du Marais. Tout un tas de trucs propres à intéresser des gamins très curieux et assoiffés de nouveautés.

Et ma mère nous laissait regarder ça. Quelle ouverture d'esprit !

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