Bise moi !




Photo : Mel : "Pas de bisous".


Cette année, j’ai décidé d’un commun accord avec moi-même de boycotter la soirée du nouvel an et son cérémonial grotesque consistant à embrasser sur la joue à minuit tapante chaque personne en présence de laquelle on se trouve. Ce rituel faux-cul qui nous plonge à chaque fois dans la gène quand il s’agit de faire la bise à un individu inconnu ou à celui – connu - dont on sait implicitement que l’on en a rien à cirer l’un de l’autre.

Dans notre société occidentale décadente, l’usage généralisé (au bureau, à la salle de sport, à l’école, chez le médecin, au marché à légumes, à Confess, au vernissage branché…) consistant à assortir son bonjour d’une bise est assez insupportable et relève d’une hypocrisie pseudo victorienne voulant dire : « Regarde comme on est cools, simples, authentiques et comme on se considère spontanément d’égal à égal ». Amen ! Dans nos sociétés, nous n’aimons pas ou n'osons pas, en règle générale, nous toucher à moins d’être partenaires sexuels consentants. Dans ce cas, en principe, c’est la débauche…enfin, en principe…

Alors pourquoi, s’enquiquine-t-on avec ces fausses bises ? Hein, pourquoi ?

La bise, qu’elle soit quotidienne ou cérémoniale, quand on y réfléchit bien, n’est en rien un joli bécot claquant bien droit sur la joue. C’est tout au plus selon les personnes – car il y a des variantes – une accolade avec un léger frottement de peau et un baiser qui ne sachant à quoi se raccrocher va mourir tout seul dans les airs…comme un con. Ce qui est bien triste.

Parmi la gamme des accolades, on a la joue molle tendue sans conviction par des mouligasses du baiser, la joue du fauzami raidie par un rictus mal dissimulé, la joue en perdition qui s’écrase comme une fiente de pigeon…mauvais signe, la joue qui fleurte et s’enfuit par minauderie, la joue indifférente tendue en pensant à autre chose, la joue batailleuse, celle qui vous envoie valdinguer vos lunettes, la joue cogneuse, celle qui vous bugne les pommettes et s’empresse de vous reprocher votre maladresse… La liste est infinie et c’est chacun son style.

Certainement, y-a-t-il dans cette attitude un non-dit, celui de l’hygiène. Et peut-être que nous avons raison après tout de ne pas frotter nos lèvres à la couenne de l’autre si cet autre est déjà passé par les lèvres de congénères polis. S’agit pas de ramasser sans qu’on l’ait demandé, une armée de bactéries en croisade contre les corps sains. Beurk !

Finalement, à bien y réfléchir, la bise qui claque sec, c’est dégueu. En 2010, je tente de remettre à la mode la bonne poignée de main sincère et…propre. Je commencerai par les collègues de bureau. Ça c’est du projet qu’il est lourd. Je vais peut-être même le proposer à notre Président.

3 commentaires:

  1. J'avais écrit un truc du même tonneau. Moi non plus, je ne suis une fana du bisou de convenance.http://berthoise.canalblog.com/archives/2009/09/20/15131104.html
    Et hop, un peu de pub en passant.

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  2. Sachons quand même apprécier les vraies bises moelleuses et sincères. C'est si bon !

    Suis curieuse de lire votre texte.

    Bon bout d'An !

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  3. Ce qui devient marrant après la lecture de ce texte, c'est de se rendre compte qu'on est gêné quand une personne vous fait une vraie bise (un bon gros bisous bien baveux sur la joue)...

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