Parfum de femme







Ce soir Miss Pagerank est passée à la maison. Son odeur flotte encore dans l’air après son départ. J’ai échappé cette fois-ci à une invitation chez elle. La compagnie de son mari et de ses piques méchantes à l’encontre de sa femme m’aurait largement contrariée.

Les choses se sont passées simplement. Elle est venue. Je lui ai fait écouter quelques disques achetés récemment. Sur un fond sonore de Melody Gardot et Martina Topley-Bird, on a évoqué nos activités professionnelles respectives, l’aspect délirant et pitoyable de certaines situations, les carences managériales et les stratégies à mettre en place pour se protéger tant bien que mal. On a rejoué sous forme de sketch la scène de l’agression verbale de la poupée sanglante à mon égard. J’ai appuyé lourdement et avec délice sur l’accent quartiers nord de la matrone. Cela m’a décontractée deux minutes.

Une chose est sûre, la borderline a dépassé la ligne rouge. Je vais devoir alerter la Direction qui n’attend que cela, qu’on lui raconte ce qui se passe dans les agences, surtout le pire. Une action rabaissante, en somme, mais nécessitée par le fait de se préserver. Avec le pâle espoir que cela assainisse la situation.

Ce soir, Miss Page est passée à la maison, son parfum flotte encore dans l’air. Je le respire avec volupté. Bien plus agréable que l’air vicié de mon entreprise.

Aucun commentaire:

Enregistrer un commentaire