Flouze Party




Un soir en semaine dans un restaurant d’Aix. Une assemblée de femmes chics - plutôt carte vermeille que carte étudiante – ma cooptatrice et moi.

Immersion dans un monde totalement inconnu. On est loin d’ATTAC, du PS en désintégration, du club de supporters marseillais ou aixois, des coudes sur la table, des courses à Auchan, du double pastis à midi, des blagues à deux balles et du web olé olé. Ici, on est dans un club genre Ladies sans Gentlemen (lesquels, d’ailleurs, sont au bridge ou chez leur maîtresse). Et pour y rentrer suffit pas de faire Toc Toc à la porte.

On n’est pas sur Facebook où on crée son profil en deux secondes et, où en trois clics on peut se faire des dizaines de vrais-bons amis de trente ans. Ici on est entre dames de haut rang et il est préférable de sortir les bonnes manières si on ne veut pas faire tache.

Les, Oh putain con ! Merde ! Fait chier la vioque ! Ne sont pas de mise.

Si, ce soir, je suis attablée ou accablée…je ne sais plus…avec ces old ladies, c’est que mon apparence bon-chic bon-genre et bon Dieu sans confession inspire confiance. Pourtant, j’ai bien l’impression que l’on ne fait pas partie du même monde.

Toutes ces dames qui se sont aperçues qu’elles vieillissaient grave et qui souhaitent renouveler le cheptel, semblent à deux milliards de kilomètres de moi. Riches ou paraissant l’être, ex ou actuelles avocates, notaires, diplomates, diamantaires, une déclinaison de professions smarts loin de la technicienne de surface, de la shampouineuse ou de l’épicière du coin.

Toutes ces femmes sont évidemment maquées et ont en moyenne plus d’enfants que la France n’en aurait souhaité.

Toutes ces ladies au statut privilégié ont toutefois un cœur et pensent à celles qui le sont nettement moins (par exemple, moi bientôt, quand je me serai fait virer par mes boss). Ces dames, donc, organisent généreusement des événements, récoltent un max de flouze et le distribuent à de nobles causes : construction d’une école chez les Inuits, dons de matériels divers pour se sortir de la mouise, bourses à de jeunes étudiantes prometteuses, formation de personnels pour soigner bien comme il faut les populations etc, etc, etc.

Tout ce bien réparti de la sorte me met sacrément du baume au cœur tout d'un coup. Je me demande si je ne pourrais pas prochainement me mettre sur les rangs des nobles causes à sponsoriser. Faut que j'étudie de près les statuts du Club.

Aucun commentaire:

Enregistrer un commentaire