Sur les dents






Gigondas est un bled vauclusien bien connu pour son vin à 15 degrés et 15 euros en moyenne la bouteille. Gigondas est un village-crèche qui attend le touriste friqué l’été et se met en hibernation l’hivers. Le fameux village est aussi réputé pour les massifs qui le surplombent, sortes de rochers découpés qui ressemblent à des rangées de dents gigantesques et déchaussées, plantées sur des gencives buissonnantes.

Une fois achetées, dans le village, une ou deux bouteilles qui tapent fort à la tête et au porte-monnaie, le but est de découvrir, du haut des éperons rocheux, le paysage de vignobles, collines touffues, oliveraies, vallons ombrageux, gorges vertigineuses. Et là, il s’agit pas de s’être enfilé quelques verres de Gigondas en trop parce qu’on risquerait fort de descendre des hauteurs plus vite que prévu, diminuant ainsi considérablement notre durée de vie.

Donc, si on sait être sobre, on peut cheminer le long des gencives, appelées plus poétiquement Dentelles de Montmirail, capter l’odeur des buis qui s’épanouissent le long des sentes, marcher sur les feuilles de chênes en prenant soin de ne pas glisser, admirer la symétrie ondulante des coteaux de vignes, lorgner le Mont Ventoux et son éternel sommet blanc, entrevoir, côté opposé, les plaines archi plates de la vallée du Rhône, colonisées, elles aussi, par les vignobles aux cèpes râblés moins chicos certes, mais plus abordables financièrement.

Marcher dans les Dentelles, c’est profiter d’un paysage splendide valorisé de longue date par ses autochtones, des vignerons qui ne bradent pas leur savoir-faire et jouent quand même un peu sur le snobisme de certains voire de beaucoup.

Il est bien évident que pour ceux que la marche rebute et qui n’ont pas peur des effets secondaires liés à une dégustation trop insistante, il est toujours temps de foncer chez Madame Gaudin, sympathique vigneronne qui en connaît un rayon sur les syrahs et autres grenaches qui vinifient tranquillement dans sa cave.

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