Tech à claques









Dans mon entreprise comme chez France Télécom, c’est la lutte entre deux mondes. Les Techs quincas, représentants de l‘ancien monde, assez las et forcément désabusés, qui voient s’enfuir au loin une grande partie de ce qui fonde leur métier. Je veux parler ici, des éléments palpables et concrets du métier.

Technicien télécom, jusqu’à ces dernières années, c’était du lourd mais aussi de la finesse. C’était transbahuter et installer dans des locaux perdus, en haut des massifs, tout un tas d’équipements dans le seul but que Monsieur Tartempion le pompier puisse parler, depuis son camion, de la forêt qui brûle à Monsieur Quinquempois son chef situé à plusieurs kilomètres.

C’était aussi démonter, découper, bidouiller, raccorder, souder ces fameux équipements et tous leurs accessoires (antennes, câbles, hauts parleurs, microphones, relais émetteurs-récepteurs, parafoudres, systèmes d’alimentation en énergie etc). Pour cela, les Techniciens revêtaient une belle blouse blanche de labo, plongeaient la tête au-dessus de leur immense loupe pour mieux distinguer les composants, allumaient leurs instruments de mesure et autres ampèremètres, faisaient chauffer leur fer à souder, cherchaient pendant des heures dans leurs boîtes à diodes et lampes en tous genres le bon élément à placer sur la carte électronique.

De nos jours, avec l’envahissement du numérique, le Tech trentenaire postmoderne est arrivé avec son langage anglo-saxon pétri de : bits, hyper, leds, wave, TOIP, access line, broadcast, set top box, UMTS… et son PC ultra performant et froid comme la mort. Le Tech du 3ème millénaire fait partie des nouveaux ronds de cuir, les yeux rivés sur l’écran de l’ordinateur. S’il lève son postérieur de la chaise, c’est tout au plus pour aller pisser ou installer - tel un jeu de légos - un ensemble d’éléments dans une armoire technique pas plus grande qu’un micro ondes.

Le Tech ancienne génération et le nouveau Tech, évidemment, ne s’entendent ni ne se comprennent, vu que l’un parle anglais et l’autre français. L’un est un tactile de plus en plus frustré, l’autre un cérébral qui vibre en tapant du code sur fond noir.

Pour appréhender la différence de culture, le fossé des générations, rien ne vaut que de jeter un œil sur l’espace de travail des intéressés. L’un, souvent en désordre, est envahi par toute une série d’objets et très appareillé, l’autre est nickel chrome, pas l’ombre d’un pixel qui traine. Tout au plus entrevoit-on la pâle lueur d’un écran plat. Ambiance salle blanche assurée.

Voici donc, en très condensé une illustration du métier de Technicien télécom et son évolution ; son enrichissement par le numérique en terme de capacité et de services et son appauvrissement dans le fait de pouvoir de moins en moins manipuler les éléments constitutifs des dispositifs et intervenir directement dans leur fonctionnement.

Technicien télécom un métier pour ceux qui n’aiment pas s’encombrer d’objets, en somme.

4 commentaires:

  1. Eh bien, voilà la preuve est faite que je suis une vieille. J'avais bien besoin de ça, tiens, en cette fin d'année. :D

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  2. Moi, pour sûr, je préfère le Tech quinca !!!

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  3. @ Anonyme qui m'a envoyé ce commentaire que j'ai malencontreusement "scratché":

    " simpliste comme comparaison
    tu serais pas gant des lignes patr hasard car in tint commut ou trans et un mec des lignes il y a une sacre différence dans les connaissances techniques ".

    Cher Anonymus, peut-être étais-tu sous acide quand tu m'a laissé ton commentaire...que j'ai essayé de décripter...ou bien ne t'étais-tu pas encore remis des fêtes de Noël ?!

    Pas grave, je ne t'en veux pas. En réponse à ta question : je ne suis pas Grande Ligne, je ne suis pas Tech. Les échanges avec mes collègues m'inspirent des textes à prendre au 3ème degré de préférence à jeun de toute substance hallucinogène. Bisous. F.

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