Haute fidélité








On est dimanche et à ce moment très avancé de la matinée, je capte « Sunday Morning » du Velvet Underground. J’entends la voix traînante, un peu fausse du chanteur tout en lisant Haute Fidélité, l'histoire d’un trentenaire qui se replonge dans ses amours adolescentes forcément chaotiques et assurément touchantes.


Je regarde le paysage grisâtre au dehors, sans lumière, sans contrastes, sans perspectives. Comme moi, en somme. Sunday Morning, gentiment carillonnant s’arrête et je cherche de nouveau à meubler le silence par un fond sonore tout aussi planant et anesthésiant. Je mets « Glory Box » de Portishead. L’ambiance vintage de la chanson avec ses craquements faux microsillons et la voix de la chanteuse façon années 50 me charment un maximum mais me maintiennent dans un état guère propice à la mise en place d’une journée active et constructive.

Je pense à mon travail de la semaine à venir ; un travail qui me sape depuis des années. Pour faire fuir ces pensées qui risquent de gâcher ce dimanche couleur temps de pluie, je fais démarrer « A broken skeleton key » de Peter Von Poehl. Puis immédiatement après, j’enchaîne sur les sifflotements aériens de Goldfrapp dans « Lovely Head ». Je me sens aspirée très loin parmi les nuages, je flotte entre le néant et le rien, le temps du morceau. Voulant rester dans cet état d’apesanteur, je choisis Air et les scintillements de « Cherry Blossom Girl ».

A la faveur de mes pérégrinations sur le net, j’ai découvert que la musique qui aura accompagné en majeure partie la parenthèse de Noël et du Jour de l’An est identifiée Trip Hop. Je suis fière de me découvrir des goûts aussi modernes. Je reviens de loin ; du Stabat Mater de Bach, du Messie de Haendel, des pièces de Scarlatti, Carulli, Carcassi et autres italiens romantico-baroques que je jouais sur ma guitare à l’adolescence.

Ces vacances de fin d’année auront été placées sous le saut de la musique électro à forte inclinaison planante ; avec quelques digressions tout de même car « Fire » de Oai Star, ça réveille plus que cela ne berce.

J’aimerais, quand même, les semaines, les mois à venir ne pas trop avoir besoin d’écouter ce genre musique comme un renfort doux et délicat à un moral assez bancal. Je voudrais du bal musette, de la salsa, de la musique folklorique, de la country. Tout ce qui accompagne les esprits gais et enthousiastes qui n'ont pas besoin de musicothérapie à forte dose.

2 commentaires:

  1. Je ne savais même pas que cela existait le trip hop.
    triphop, tripot, tricot, voilà, c'est une musqiue qui tient chaud au coeur.

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  2. Moi aussi, j'étais ignorante jusqu'à il y a peu. Cela me tripote les sensations. J'aime.

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