American pictures





Joel Meyerowitz. Porch Series. 1976.



Bibliothèques Méjanes une fin de journée dans la semaine. La salle Armand Lunel (mais qui est ce type, au fait ?) se remplit un peu, trop peu, pour une conférence consacrée au photographe américain inconnu de moi : Joel Meyerowitz. La plaquette présentant son œuvre comportait une photo qui m’a plu et c’est pourquoi je me suis retrouvée au milieu de vieux photographes, universitaires et quinquagénaires bobos ce soir de février glacial.

Après la classique demi-heure passée à essayer de faire fonctionner le rétro projecteur, la séance démarre. La conférencière s’avère médiocre. Elle lit son texte de bout en bout ; mal de surcroit. Si Gaby entendait cela, il lui suggérerait un petit coaching en média training.

Mais de la nullité sort toujours du positif. J’ai donc appris par cette dame que les photographes américains, jusqu’aux années 70 prenaient leurs clichés en noir et blanc prétendant que la couleur parasitait le message visuel. Meyerowitz a bousculé ce paradigme et a imposé la couleur (raccourci). Il est vrai aussi que la couleur coûtait cher au développement et qu’il ne s’agissait pas de gâcher la pellicule avec tout un tas de clichés ratés ou idiots.

Quelques noms de photographes ont été prononcés mais je ne me souviens plus lesquels (j’aurais dû demander à la dame son power point). Ah si ! Le fameux Robert Frank et son ouvrage « Les américains ». Richard Avedon aussi.

Joel Meyerowitz a la particularité d’être le seul photographe à avoir été admis à travailler sur les ruines du 11 septembre. Et cela donne ceci :



Meyerowitz semble être le type qui débute éternellement dans la photographie. De prime abord, on se demande pourquoi de si mauvais cadrages, tant de gens sur les clichés sans qu’aucun ne se détache.



Il s’agit en fait du parti pris par le photographe ; laisser le regard circuler, fureter dans la photo. Avec Meyerowitz, le sujet de la photo n’est jamais unique mais multiple et on a le droit de choisir celui que l’on veut ou bien de ne rien choisir ou encore de tout prendre. Avec lui, on bosse, on doit aller chercher ce qu’il a voulu nous montrer. Il ne s’agit pas de rester passif devant une photo dont l’unique sujet vous sauterait d’emblée à la figure. C’est ainsi que j’aurais envie d’interpréter cette œuvre.



Finalement, cette conférencière assez peu douée à l’oral m’a ouvert un horizon photographique que je ne connaissais pas. En cherchant sur le net d’autres clichés, des infos sur le photographe, j’ai découvert d’autres professionnels, d’autres univers très personnels. Cela enrichi une fois de plus ma photothèque.

Je continuerai donc, à fréquenter avec enthousiasme les conférences assez foireuses.

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