L’homme qui virait les femmes


 





Ce matin mon Boss a passé presque deux heures dans mon bureau. On a fait de la Com Interne et pas façon Monika Lewinski. Quoi que de temps en temps au fil de la conversation, mon regard faussement animé, se fixait sur son entrejambe. Peut-être a-t-il vu que je voyais. Peut-être que cela l’a rassuré sur son sex-appeal ? Peut-être que pour la première fois de sa vie, il s’est senti regardé de manière brute sans l’arrière pensée fric et classe sociale qui anime les femmes qu’il croise dans sa vie.


Mon Boss bronzé de frais, tout droit arrivé de Courchevel ou Megève vient tâter le terrain. Il vient voir si je suis dans un trip de pré harcèlement, si j’ai la mine grisâtre des salariés au bord du suicide ou si, enfin, je compte dégager de sa French Company de manière amiable.

Pendant qu’il me parle, je regarde ses lèvres gercées (les baisers à la maison ne doivent pas être agréables à Madame en ce moment) et le haut de son oreille qui pèle. On a beau être millionnaire, le soleil ne fait pas de distinction. Riche ou pauvre, il nous crame la gueule.

Dans sa veste Armani Chasse, mon boss tente de me faire passer un message imprononçable. A moi de deviner. Il semble vouloir me dire :

« La grosse, comment ça va ? Vous savez, on ne sait pas trop comment faire pour la virer. Cela ne va pas être facile. Il faudrait un motif. Pouvez-vous m’envoyer encore un mail comme ceux que vous nous avez envoyés dernièrement ? Un truc bien lourd du style : Boss, la grosse veut ma peau. Il faut choisir. C’est elle ou moi. Virez-la ! Et ensuite virez-moi, je n’en peux plus ! ».

Voilà bien le truc auquel je m’attendais. L’utilisation d’un conflit entre individus par une Direction qui ne dirige rien et laisse le personnel s’éliminer entre lui. C’est ce qu’on appelle l’autogestion.

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