Willy Ronis. Bar du Vieux Port. Marseille. 1946
La ville s’offre à tout va
Son port est son sexe béant
Les habitants sont intranquiles
Les bars sentent l’interlope
Les rues étroites sont assassines
Les mouettes s’affolent et criaillent
La mer s’affale sur les rochers
Son bleu vient de Prusse
Les agaves sont au garde-à-vous
Bientôt c’est la fin
Le sémaphore regarde au loin
Et ne voit rien venir
Les ports attendent parsemés de grues
Et les quais sont vides
Les baraques se chevauchent
Les friches sont industrieuses
Mais la révolte n’est plus là.

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